A group of children bullying another child in a school library, showcasing peer pressure and emotional distress.

Le harcèlement

La lutte contre le harcèlement scolaire est récemment considérée comme une cause nationale, portée à l’attention suite au suicide de certains élèves.

Le harcèlement est ainsi un des modèles d’inconduite de notre époque.

Il est essentiel d’en connaitre ses mécanismes, ses conséquences et ses possibilités de le prévenir, n’étant pas un processus irréversible.

Il est également intéressant d’en approfondir les causes car le harcèlement peut s’effectuer en famille et persister dans un groupe amical ou dans le monde du travail.

L’origine du mot harcèlement provient de la herse, un ancien outil agricole s’acharnant sur la terre pour la labourer.      

Une définition du harcèlement est la persistance d’agressions physiques, verbales, psychologiques.

Le harcèlement est installé dans le temps, systématisé et répétitif.

La relation dominant-dominé est asymétrique.

Enfin, l’apparition de symptômes est un signe alarmant et indique une certaine véracité de souffrance.

Les symptômes ne mentent jamais.  

A poignant image of a boy being bullied in a library, highlighting bullying awareness.

L’origine du harcèlement est principalement groupal, pour présenter une dynamique de groupe accessible, il y a 4 rôles principaux :

le « pervers » : l’objectif de l’article n’est pas d’effectuer un diagnostic du meneur mais de constater que le leader peut présenter une tendance à prendre plaisir à faire souffrir l’autre.

Le pervers a besoin de la victime pour légitimer sa position.

le bouc émissaire : Historiquement, les groupes ; voire les peuples ; ont besoin de personnes (ou de concepts) à haïr ou sur qui décharger légitimement leur agressivité pour renforcer leur cohésion.

La victime de harcèlement tient malheureusement ce rôle.  

le normopathe : il a une tendance conformiste à suivre le leader pour plusieurs raisons : de la loyauté envers ce dernier à la crainte d’être à son tour rejeté.

le rebelle : il a tendance à peu se contraindre aux normes groupales voire à briser une dynamique de groupe en s’y opposant.

Ce modèle explique pourquoi parfois les rôles peuvent évoluer dynamiquement voire s’inverser.

Également et globalement, on n’est ni totalement dans un rôle, ni dans l’autre : « L’homme n’est ni ange, ni bête » (B. Pascal).

Cette dynamique devient problématique lorsqu’elle devient inadaptée, rigide et qu’elle engendre de la souffrance.  

Les raisons du harcèlement sont régulièrement les mêmes : les groupes s’acharnent souvent sur les plus vulnérables, le harcelé est souvent inconsciemment perçu comme menaçant pour la cohésion groupale dans un enjeu de reconnaissance en miroir.

Les harcelés le sont souvent en raison de caractéristiques spécifiques :

-au niveau physique (petit, maigre, surpoids, couleur de peau ou de cheveux, voire paradoxalement la beauté, etc…)

-intellectuelle (de la déficience à la précocité)

-au niveau du caractère (timide, conciliant, solitaire, manque de confiance, etc..)

-liée à la situation (pauvreté, richesse, apparence, réussite ou échec scolaire)

-en raison d’un handicap.

Les causes sont non-exhaustives.

Bien que les raisons soient expliquées, elles ne constituent en rien une excuse ou une légitimation.      

Teen girl reading alone in gymnasium while peers watch, highlighting themes of solitude and bullying.

Les conséquences sont problématiques tant pour les harceleurs étant dans une situation de « toute puissance » qui peut se révéler problématique dans leur adaptation ultérieure parfois renforcé par l’aspect désinhibant du groupe renforcée par l’immaturité caractéristique de la période scolaire.

La loi du plus fort a cependant ses nécessaires limites.

Pour le harcelé, les conséquences peuvent être l’apparition de symptômes : cauchemar, perte d’appétit ou de sommeil, baisse des résultats, perte de confiance, tendance à s’isoler, à ne pas se confier et à se sentir incompris, irritabilité, anxiété, dépression, phobie scolaire, etc…

Dans les situations les plus extrêmes, les conséquences dramatiques peuvent être le suicide voire des fusillades comme dans certains lycées américains.

Comme indiqué précédemment, le harcèlement n’est pas une fatalité, ni irréversible à condition de s’y confronter.

Les solutions présentées dans l’article ne se substituent pas à un accompagnement réel et ne sont pas des panacées.

Cette partie précisera principalement les solutions collectives.

Nous avons évoqué la dynamique des groupes, ainsi pour les élèves témoins, rien n’interdit de changer de rôle soit en jouant le rebelle, en s’appuyant sur d’autres camarades afin d’éviter l’effet spectateur (ou Kitty Genovese), soit en faisant en sorte de ne pas laisser l’élève harcelé seul ou pourquoi pas créer ultérieurement d’authentiques liens d’amitié.

Dans le programme Phare de prévention du harcèlement, certains élèves prennent ainsi le rôle du sauveur en étant ambassadeur.

Afin de créer une ambiance scolaire « suffisamment bienveillante » et empathique, au niveau pédagogique, il est tout à fait possible de monter au sein des établissements un atelier Compétences Psycho-Sociales pour renforcer la cohésion et afin de prévenir l’agressivité par le principe des vases communicants : en renforçant la tendance sauveuse, on prévient la tendance persécutrice des élèves.  

Au niveau éducatif, la méthode de la préoccupation partagée (ou Pikas) peut permettre de briser la dynamique du harcèlement en sollicitant comment ils pourraient améliorer concrètement la situation de l’élève concerné inspiré de la communication non violente.

Ainsi, en laissant la possibilité d’améliorer l’attitude comme un diplomate sans la cautionner.  

Cependant, lors de situations graves, il ne peut y avoir comme solution que la sanction concernant certains élèves voire l’exclusion définitive : « Le clou qui dépasse appelle le marteau ».

Three children engage in lively conversation during snack time at school.

Il est essentiel pour le harcelé de prendre conscience que ce n’est pas de sa faute et qu’il a besoin de soutien que ce soit de la part des parents, des adultes ou de professionnels de santé.

Même si ce n’est pas évident, il faut avoir le courage de dénoncer ce que l’on subit afin que cela ne persiste pas.

Les victimes ont parfois la crainte d’aggraver la situation mais également ne pas savoir se positionner face à l’affirmation contradictoire et éventuellement fondée sur le déni : « c’est pour rire ».

Peu importe les intentions, le harcèlement demeure inacceptable.

Le danger en plus de l’apparition des symptômes sont les effets délétères qu’il peut provoquer en raison de l’effraction narcissique subie : perte de confiance, anxiété, dépression voire apparaitre des symptômes de stress post-traumatiques.

Certains élèves peuvent décrire leurs années de scolarité comme étant «  l’enfer ».

La double peine que peuvent subir les élèves est de ne pas toujours être reconnue dans les difficultés subies par les adultes de confiance.

Il n’est pas toujours évident d’accueillir cette violence, pouvant renvoyer à un éventuel échec de sa posture générationnelle, nonobstant il est utile de dépasser ses défenses pour changer la situation.

Sinon, cela se traduira par une perte de confiance en soi et envers les autres pour l’élève concerné et il pourrait ne pas se sentir légitime d’être aidé.

La difficulté majeure dans le harcèlement réside dans le fait que la violence externe peut être relayée par l’agressivité interne.

En résumé, l’élève se sentira coupable voire pensera mériter ce qui lui arrive : « c’est parce que je ne sais pas me défendre ».

Un travail d’introspection permet justement de prendre conscience de ces processus afin de les dépasser pour se rétablir progressivement.

Parfois, accompagner le harceleur principal peut posséder sa pertinence, certains le faisant par maladresse, par immaturité et pouvant le regretter ultérieurement.

Il peut être possible de les aider, de prendre conscience des raisons les poussant à avoir cette attitude, si ces derniers ne sont pas victimes de maltraitance ou ayant eux-mêmes été harcelés.

Cependant, dans une minorité des cas, les meneurs ont une structuration de personnalité pathologique et dans ces situations, il est quasi-inutile et épuisant de tenter de les aider mais de faire en sorte de prioriser la protection des élèves cibles en sanctionnant leur attitude ou en sollicitant d’autres camarades.   

A tutor helps a child with homework during a learning session, fostering education development.

Le harcèlement scolaire est une situation dramatique et pénible mais non insolvable.

Si le problème est d’origine groupale, les solutions le sont également.

Rien n’empêche d’appliquer également des méthodes préventives.

Cependant, en cas d’aggravation, il peut s’avérer nécessaire d’effectuer un accompagnement psychothérapeutique.   

A circle of friends forming a star shape with fingers, symbolizing unity and teamwork.

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