A close-up of a Rorschach inkblot test during a psychotherapy session, highlighting mental health care.

Le bilan

Le bilan psychologique est une des missions complémentaires du psychologue clinicien.

Pourtant, au sein de la profession, sa pratique divise.

Le bilan est parfois considéré comme anti-thérapeutique : trop normatif, répondant à un objectif de vouloir faire entrer les patients « dans une petite case » et ignorant la singularité du sujet.

Le bilan peut pourtant s’avérer un outil intéressant dans le cadre de l’accompagnement des patients mais suscite parfois l’inquiétude de ces derniers.

Cet article précisera de manière synthétique des raisons pouvant justifier la passation d’un bilan, ses tenants et aboutissants ainsi que les outils employées.

Close-up showing hands holding paper with tree test illustration for psychological assessment.

Il était inscrit sur le temple de Delphes « Connais-toi toi-même » (nosce te ipsum en grec) signifiant que nous pouvons nous sentir étranger à nous même, ne pas comprendre notre fonctionnement et rencontrer des difficultés à s’adapter à la réalité.

Le suivi thérapeutique peut correspondre à cet objectif qualitativement nonobstant un bilan peut permettre d’obtenir des éclairages quantitatifs sur notre personnalité et ses différents aspects : intellectuel, comportemental, personnel, psycho-affectif, sociaux, etc…

Pour reprendre la formule de S. Freud, le bilan permet de « voir plus clair à travers les obscurités ».

Le bilan permet de préciser en quoi certains traits constants peuvent nous porter préjudice.

Concrètement et simplement, une personne appliquée, employée modèle peut développer des TOC et devenir scrupuleuse car « c’est plus fort que lui ».

Le bilan permet d’identifier les tendances afin de ne pas y renoncer, ni de se réfugier dans l’extrême inverse ; Charybde ne justifie pas Scylla ; mais de veiller à ce que ça ne devienne pas envahissant et envisager d’autres perspectives.

Les problèmes d’adaptation sont souvent quantitatifs, rarement qualitatifs.

Concernant l’efficience intellectuelle, il peut arriver que paradoxalement, elle puisse devenir un facteur d’inadaptation dans certaines situations voire de souffrance.

De surcroît, allié avec des difficultés psycho-affectives et/ou des difficultés traumatiques subies.

Certains talents peuvent ainsi devenir des « dons fatals » pour reprendre l’expression d’A. de Musset mais ne doivent pas servir pour autant d’excuse systématique.

Le bilan peut permettre d’obtenir de la reconnaissance et des repères : en prenant conscience de ses moyens, de ses capacités, de ses qualités, de ses limites et de ses spécificités.

Le bilan peut permettre à un sujet d’obtenir une certaine restauration personnelle et narcissique afin de l’aider à s’accepter comme il est et de se valoriser.

Nonobstant, l’écueil inverse consiste à ce que certaines personnes passent un bilan pour affermir une certaine arrogance, d’où ma possibilité à refuser certaines demandes.

Enfin, diagnostiquer une difficulté ou la présence d’un trouble voire d’une pathologie peut rassurer car cela permet de certifier les difficultés subies par le patients et consécutivement la considération de ses problèmes.

Le diagnostic permet donc de ne pas conforter dans les défenses individuelles ou celles des proches : affirmer à un sujet dépressif qu’il va bien ne l’aide pas à aller mieux.

Dans ma pratique et comme dans tout travail thérapeutique, je préfère effectuer des bilans avec des personnes en demande, en souhait d’obtenir des éclairages voire en souffrance.

Comme toute relation, il y a une dynamique transfert- contre-transfert qui s’installe influençant le déroulé de la passation.

Enfin, l’attitude du psychologue a des conséquences sur les résultats qu’ils soient favorables (effet Pygmalion) ou défavorables (effet Golem). 

Après avoir précisé les motifs d’un bilan, la partie suivante précisera concrètement les outils employés.

Focused student marking answers on a multiple choice exam sheet in a classroom setting.

Avant la passation d’un bilan, un entretien d’anamnèse est nécessaire pour obtenir les informations nécessaires, la difficulté à éclairer et le problème à résoudre comme dans toute enquête.

Le patient conserve le droit de contester les analyses du psychologue et de demander une contre-expertise.

L’appréciation demeure dialectique et dynamique.

La consigne que je propose aux patients peut s’avérer étrange mais je les invite toujours à considérer les exercices proposés « comme des jeux » afin de rendre la passation suffisamment agréable et moins stressante.

Les principaux outils d’investigation du psychologue dans le bilan sont complémentaires, permettant d’avoir une approche globale et dynamique de la personnalité :

Les tests d’efficience cognitives, les plus demandés et plus communément nommés les « tests de QI ».

Il y a une version pour chaque classe d’âge : pré-scoalaire (WIPSI), enfants et adolescents (WISC) et adultes (WAIS).

Le test consiste en des exercices variés sollicitant les principales fonctions cognitives : mémoire, raisonnement, langage, résolution de problème, etc…

Ils permettent d’obtenir des éclairages sur le fonctionnement intellectuel, ainsi que sur les domaines investis par le sujet voire sur son attitude personnelle.

Les méthodes projectives dont les outils les plus célèbres sont le test du Rorschach et le TAT.

Les outils projectifs sont d’inspiration psychanalytique et permettent d’obtenir des éclairages plus qualitatifs.

Le jeu symbolique ou le dessin peuvent également être considérés comme des méthodes projectives.

Black and white abstract ink drawings on paper with pen, showcasing artistic creativity.

Les inventaires de personnalité sont plus quantitatifs et inspirées de la psychologie différentielle.

Les modèles ont soit une perspective professionnelle (RIASEC), personnelle (Big Five) ou psychopathologique (MMPI).

Certains tests sont plus spécifiques concernant certains troubles comme pour estimer la dépression (l’échelle de Beck) ou l’autisme (Teach) dont l’intensité des troubles.

Le bilan est une mission complémentaire dont les outils sont variés mais possédant ses nécessaires limites et doit être une mission appréciée par le psychologue.

Il n’est pas pertinent de le systématiser, ni de le proposer à des personnes réfractaires. Il permet cependant d’obtenir des points d’éclairage et des repères dans l’accompagnement des patients pouvant parfois se compléter voire permettre le début d’un travail thérapeutique.

L’appréciation doit cependant demeurer qualitative et ouverte à la critique.     

A therapist listens attentively during a private counseling session.

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