Close-up of a person holding white lilies in a cemetery on a peaceful day.

Le travail de deuil

La perte d’un être proche est une des épreuves les plus pénibles que doit subir l’être humain durant l’existence et de surcroit inéluctable.

Le deuil est parfois vécu comme une expérience permettant d’obtenir de la maturité et une crise nécessaire pour évoluer.

L’épreuve peut cependant être vécue comme un traumatisme voire aggraver la manifestation de troubles déjà présents et latents ou les provoquer.   

L’article précisera le concept et la nécessité pour certains de recevoir un soutien psychologique y compris ponctuel durant cette période.  

A touching moment of grief as a hand rests on a coffin, symbolizing loss and mourning.

Le deuil vient du latin « dolore » dont la signification est évidente et traduit la réaction face à la perte d’un être cher ou d’une abstraction.

L’épreuve de deuil peut se décliner de trois manières en référence aux registres lacaniens :

Le deuil réel consiste en la perte effective d’un être cher principalement dans la mort ou son anticipation lors de maladies graves.

La perte symbolique se réfère à la perte d’un objet symbolique pouvant faire ressentir de la souffrance: rupture sentimentale, licenciement économique, dépression du post-partum, etc…

Le deuil imaginaire peut se manifester lorsqu’un désir ou un projet dans lequel on s’est investi ne se réalise pas et donc la déception consécutive peut être considérée comme une perte : perdre une compétition, un rejet sentimental, ne pas obtenir un emploi, ne pas valider son diplôme, etc…    

Le travail de deuil est le processus par lequel une personne se détache progressivement et partiellement d’un objet d’amour.

Ce processus est un travail de longue haleine.

S. Freud affirmait que le travail de deuil était une mélancolie temporaire, d’où les similitudes quantitatives observées avec la dépression.

Le paradoxe dans le travail de deuil consiste justement à « accepter l’inacceptable » afin de se rétablir progressivement et de revenir dans la réalité malgré la blessure symbolique qui demeure comme cicatrice narcissique durable.

Chaque sujet traverse cette période à son rythme et selon ses possibilités mais elle peut parfois apporter des complications.  

Grieving family members gather at a funeral, displaying emotions and support.

Les stades de deuil ont été popularisés par la psychologue E. Kubler Ross dont les écrits possèdent leur intérêt.

Son concept de stades du deuil selon lequel se succèderait principalement les périodes de déni, de colère, de tristesse, de marchandage et de rétablissement est cependant sujet à critique.

Bien que les réactions décrites puissent s’observer fréquemment parmi les personnes endeuillées, elles ne succèdent pas systématiquement pour autant voire ne pas se manifester dans cet ordre.

M. Hanus a défendu la notion de phases de deuil se distinguant par 3 périodes :

La phase de choc où l’annonce peut être vécue comme un traumatisme

La phase dépressive où justement le sujet peut présenter des symptômes de la dépression (tristesse, anhédonie, sommeil et alimentation perturbées, etc…)

La phase de rétablissement où le sujet ré-intègre progressivement la réalité.

Two men engaged in a therapy session inside a modern office setting, discussing mental health.

Paradoxalement, il ne faut pas systématiser le recours à un psychologue lors de périodes de deuils excepté si le sujet concerné en fait la demande explicite y compris pour un soutien ponctuel.

Cependant, il peut arriver que des complications surgissent ou s’aggravent durant cette période : scrupules, sentiment de culpabilité intense, dévalorisation excessive, crise d’anxiété, perte de poids, incapacité à reprendre le travail après une période ou encore envie suicidaire dans les cas extrêmes.

La plainte et la temporalité des troubles sont ainsi des éléments pouvant justifier un suivi psychologique.

Une rencontre avec un psychologue permet justement d’évoquer sa difficulté, à surmonter l’épreuve avec un professionnel « étranger » à la famille et de se soulager autant que faire se peut de la souffrance de l’épreuve.

L’accompagnement peut permettre de prendre conscience de processus inconscients et de défenses empêchant le rétablissement progressif: les sentiments de culpabilité, le retournement de l’agressivité contre soi, s’estimer indigne de se rétablir, être tiraillé entre la guérison et la maladie, la vie et la mort, etc…

Parfois, l’accompagnement lors du travail de deuil peut se poursuivre par un travail psychothérapeutique plus important.

Bien qu’étant une épreuve « logique» de l’existence, le travail de deuil peut devenir problématique et source de souffrance pour certains patients.

Lorsque cela s’avère compliqué, un accompagnement psychothérapeutique y compris ponctuel peut posséder sa pertinence afin de traverser cette épreuve par un soutien adapté et pourquoi pas poursuivre sur un travail plus approfondi.    

A peaceful moment captured as a woman in a white dress sits contemplatively by a calm lake.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *